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Du pastiche au plagiat : comment les distinguer ?

Une balance, symbole de justice, illustre l'infraction du plagiat/contrefaçon

Du pastiche au plagiat, il n’y a qu’un pas. Sous couvert de l’un certains pratiquent en fait l’autre. Parce que nos créations s’inspirent d’œuvres qu’on admire on éprouve parfois des difficultés à mesurer le stade à ne pas dépasser pour respecter le droit d’auteur. Pourtant, il s’agit d’une compétence indispensable si l’on veut respecter les droits d’auteur.

Quelles différences y a-t-il entre pastiche et plagiat ? Comment identifier la frontière qui les sépare ?

Le pastiche

Issu de l’italien pasticcio, signifiant « échec » ou « situation inextricable », le pastiche est au départ un terme péjoratif employé au XVIIe siècle dans le cadre de la peinture exclusivement. Plus tard, il est repris par les professeurs de rhétorique pour en faire un exercice d’écriture. En effet, dans le sens contemporain du terme, pasticher une œuvre consiste à reproduire son style. Il peut s’agir d’une œuvre littéraire, photographique, picturale, musicale, etc. Le pastiche se distingue de la parodie par son absence de dimension satirique. Souvent, l’objectif est de rendre hommage à un artiste ou de réaliser une prouesse technique en mimant son style, en principe unique et personnel. C’est la raison pour laquelle la convention souhaite qu’on nomme explicitement l’œuvre pastichée. D’un point de vue juridique, le pastiche est considéré comme une œuvre à part entière, de ce fait il est protégeable.

Quelques exemples d’auteurs pratiquant le pastiche

Le plagiat

Le terme plagiat est issu du grec plagios (« ruse »), employé à Rome pour évoquer les voleurs d’enfants ou d’esclaves. De ce sens nous est resté la dimension de vol, en revendiquant la paternité d’une œuvre appartenant à un autre artiste.  Si le plagiat est le mot employé régulièrement dans le langage courant, cette pratique est connue sous le nom de « contrefaçon » dans la sphère juridique. Contrairement au pastiche, la contrefaçon ne laisse pas place à l’empreinte de la personnalité de l’auteur. C’est une appropriation de l’œuvre d’autrui et, contrairement au pastiche, elle n’est pas déclarée. Évidemment, elle est condamnée par le Code de la propriété intellectuelle. Dans l’article L.335-3 il la définit de la façon suivante : « toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation, des droits d’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi. » Notons que le style n’est pas protégé par la loi, pour distinguer le pastiche de la contrefaçon les juges évaluent l’originalité et les caractéristiques d’une œuvre. Cela fait partie des raisons pour lesquelles le pastiche est autorisé.

Quelques accusations de plagiats littéraires :

Conclusion 

Du pastiche au plagiat, tout est une question de style et de juridiction. Le pastiche reproduit un style, pas l’essence d’une œuvre, et reconnaît son emprunt. À l’inverse, le plagiat n’est pas déclaré et consiste à s’approprier l’œuvre d’autrui. L’un est condamnable, l’autre est un exercice. Vous avez désormais toutes les clés en main pour distinguer pastiche et plagiat.

Nous nous retrouvons très prochainement pour étudier la piraterie littéraire, forme d’infraction parente de la contrefaçon.

Crédit image : pixabay

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