Connaissez-vous la différence entre le genre épistolaire et le roman épistolaire ? Tout d’abord, il faut savoir que la littérature épistolaire propose des ouvrages présentés sous forme de correspondances, le plus souvent de lettres. Bien que ces deux genres littéraires soient très proches, un élément fondamental les sépare : la fiction. Le genre épistolaire est composé uniquement de correspondances réelles. Quant au roman épistolaire, la correspondance entre les personnages est fictive, imaginée, ou du moins c’est ce que l’auteur souhaite laisser croire.
L’ouvrage majeur du genre épistolaire
Nous allons nous pencher sur l’un des ouvrages majeurs du genre épistolaire : la correspondance entre la marquise de Sévigné et sa fille Françoise, devenue comtesse de Grignan au XVIIe siècle.
Elle entretient également une correspondance avec son cousin, le comte de Bussy, et d’autres personnes de son entourage. L’intérêt majeur de cette correspondance réside dans sa valeur historique. La marquise de Sévigné relate la vie parisienne de son époque avec beaucoup de détails, qu’il s’agisse de la vie mondaine, des scandales ou de la politique. Les lettres échangées entre cette épistolière, à la renommée désormais mondiale, et ses proches ont été publiées clandestinement au XVIIIe siècle par des membres de sa famille.
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Le roman épistolaire
Le roman épistolaire commence à se développer au XVIIe siècle et connaît un grand succès tout au long du XVIIIe siècle. À l’instar du genre épistolaire, il se compose de lettres échangées entre différents personnages ; cette correspondance est cependant fictive. Son succès tient notamment au sentiment qu’éprouve le lecteur de s’introduire, à leur insu, dans les pensées les plus secrètes et l’intimité des personnages. Aujourd’hui encore, nous en connaissons plusieurs modèles majeurs, tels que Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos (1782) ou les Lettres persanes de Montesquieu (1721).
Après ce succès, sa notoriété décroît au fil du temps.
Aujourd’hui, de nouvelles formes d’art épistolaire renouvellent ce genre, avec par exemple des romans épistolaires présentant une correspondance au moyen d’outils de communication plus actuels, comme les courriels ou les SMS.
Découvrez plus d’informations sur les genres littéraires dans la rubrique : Minute culture.
Les questions à poser devant un texte épistolaire
Une lettre réelle, une lettre ouverte et une lettre fictive n’ont ni le même statut ni le même lecteur. Le roman épistolaire transforme la correspondance en dispositif narratif : l’ordre, les silences et les points de vue participent à l’intrigue.
- Qui écrit, à qui et dans quelle situation ?
- Le destinataire répond-il ou reste-t-il absent ?
- Quelles informations le lecteur possède-t-il avant les personnages ?
- Les dates, retards ou lettres manquantes modifient-ils l’interprétation ?
Pour reconnaître un roman épistolaire, ne vous arrêtez pas à la mise en page. Vérifiez si la succession des lettres construit une histoire, organise plusieurs voix et produit des écarts de savoir entre correspondants et lecteur.