Quand on en vient à écrire son manuscrit on tient à dépeindre de beaux personnages, au point de vouloir en faire de véritables êtres de papier. Pour ce faire, il convient de réfléchir à leur caractérisation. Directe ? Indirecte ? Quelles différences et comment s’y retrouver ? Voici de quoi démêler les nœuds de la caractérisation.
Qu’est-ce que la caractérisation ? Comment choisir le type adapté ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ?
Définition
La caractérisation est le processus d’écriture permettant à un personnage de fiction de prendre corps, de paraître plus humain et crédible. En d’autres termes, l’ensemble de toutes les petites informations le concernant distillées dans le récit. Apparence, personnalité, actions, émotions, passé… plus votre personnage est caractérisé, plus il se distingue. De cette façon, les lecteurs peuvent plus facilement s’attacher à lui. Pour vous y retrouver, pensez à rédiger des fiches- personnages.
Par ailleurs, ce procédé est employé pour révéler des personnages statiques ou dynamiques. Les personnages statiques sont constants dans l’histoire, ils n’évoluent pas et ont un rôle précis dans le développement de l’intrigue. À l’inverse, les personnages dynamiques ont une personnalité plus complexe, ils mûrissent au fil du récit. En somme, ils ont une caractérisation plus étoffée et complète. La caractérisation concerne également l’art dramatique, même si la présence physique d’un acteur modifie ses moyens d’expression.
La caractérisation directe
On parle de caractérisation directe quand le narrateur intervient directement pour fournir des renseignements sur un personnage. Il peut évoquer son âge ou ses habitudes par exemple. Il s’agit ainsi d’une caractérisation plus descriptive que narrative.
Avantages :
- Transparence : Le lecteur détient les clés pour imaginer et comprendre le personnage.
- Richesse descriptive : Un monde se dessine en partie par la description de ses personnages.
Inconvénients :
- Narration stagnante : Trop de caractérisation interne freinent l’action et peut lasser le lecteur.
- Passivité : Le lecteur ne peut pas déduire à partir des éléments dont il dispose. Trop de caractérisation directe limite l’expérience de lecture.
Exemple : « Elle était une de ces jolies et charmantes filles, nées, comme par une erreur du Destin, dans une famille d’employés. Elle n’avait pas de dot, pas d’espérances, aucun moyen d’être connue, comprise, aimée, épousée par un homme riche et distingué. » (Guy de Maupassant, La Parure)
Dans cet extrait, Maupassant nous informe directement que son personnage a un physique avantageux et qu’il est né dans une famille modeste.
La caractérisation indirecte
Contrairement à la caractérisation directe, la parole du narrateur n’intervient pas dans la caractérisation indirecte. C’est par le biais des dialogues, des attitudes et des actions des personnages que le lecteur se construit une image mentale de ces derniers.
Avantages :
- Singularité : Il y a autant d’interprétations de ces éléments que de lecteurs.
- Complexité : Le lecteur fournit plus d’efforts pour saisir le personnage, et peut se satisfaire d’avoir atteint un degré supérieur de compréhension.
Inconvénients :
- Opacité : Certaines caractéristiques risquent de ne pas avoir été décelées.
- Pauvreté descriptive : Le lecteur dispose de peu d’éléments pour s’ancrer et se représenter le personnage.
Exemple : « Julien se tourna vivement, et frappé du regard si rempli de grâce de Madame de Rênal, il oublia une partie de sa timidité. Bientôt, étonné de sa beauté, il oublia tout, même ce qu’il venait faire. » (Stendhal, Le Rouge et le Noir)
Grâce à cet extrait, le lecteur comprend que Julien est un personnage ayant l’âme romantique et exaltée, sensible à la beauté de Madame de Rênal.
Conclusion
L’enjeu n’est pas de choisir entre caractérisation directe et indirecte pour l’ensemble d’une œuvre. Il est nécessaire de jongler entre les deux pour renvoyer avec subtilité l’image du personnage que vous avez imaginé. L’équilibre est donc fondamental dans ce genre d’exercice.

