Quand on pense au livre, on pense d’abord papier. Couverture souple ou rigide, police Times New Roman… Pourtant, il s’agit d’une vision limitée de ce qu’est ce produit culturel aujourd’hui. D’autres formats parviennent à s’implanter et à gagner le cœur des lecteurs. Sont-ils pour autant complètement innovants ?
Quels sont les formats du livre de nos jours ? Quels sont leurs atouts respectifs ?
Le papier
Impossible de commencer notre exploration des formats sans mentionner cet incontournable. En effet si l’on pense en premier au papier, ce n’est pas un hasard. Il s’agit à la fois du format majoritaire, et du format le plus ancien encore en vigueur. Cependant, il conviendrait plutôt de parler « des formats papier » plutôt que « du format papier » au singulier, car celui-ci comporte de nombreuses variantes.
Qu’il soit relié avec une couverture rigide s’il s’agit d’un ouvrage prestigieux, ou broché avec une couverture souple pour un format standard. Ou bien en poche, pour le quotidien et les transports. Pour ce dernier, on considère que le format courant se situe aux alentours de 10 x 18 cm. C’est d’ailleurs ce qui a inspiré le nom de la célèbre collection de poches de Gallimard, « 10/18 ».
Notons que certains choix éditoriaux dépendent aussi du genre et du public cible. Par exemple, les livres Large Vision contiennent des caractères plus gros pour les personnes souffrant de troubles de la vue. Ou certains livres s’émancipent des polices traditionnelles pour s’adapter à un public « dys ». Nous retrouverons également de plus grands formats pour ce qu’on appelle les « Beaux-Livres » et les albums jeunesse ou les BD. Ils ont souvent des couvertures rigides et contiennent des illustrations aussi.
Et parfois, certaines maisons d’édition recherchent l’originalité en proposant des formats sortant des codes. C’est le cas du format vertical, ou « tête-bêche ». Le principe ? Lire un livre dont le texte est imprimé à la verticale, nécessitant ainsi une rotation du livre. Ce dispositif permet de cette façon de concevoir des formats encore plus petits, des « semi-poches. ». Or il ne s’agit que d’un exemple, plusieurs autres formats tendent à se détacher des conceptions canoniques.
Le numérique
Si les prémices du livre numérique remontent à 1971 avec le Projet Gutenberg, son essor, lui, date des années 2000. En 2007 apparaissait Kindle, la plateforme d’Amazon. Très peu de temps après surgit Kobo. Et aujourd’hui, il n’est pas rare d’avoir au moins une personne parmi ses proches qui utilise régulièrement une liseuse.
Pour s’adapter à ce mode de lecture, plusieurs formats numériques ont dû fleurir. L’EPUB est compatible avec toutes les plateformes de lecture d’eBooks, le PDF quant à lui s’adapte à tout type de support. Notons à ce propos que l’usage d’un PDF, qu’on fait dérouler sur un écran, rappelle les pratiques de l’Antiquité. Le volumen, long rouleau de papyrus ou de parchemin, avait aussi cette particularité d’être lu verticalement et sans découpage en pages se faisant face.
Dans le cadre de liseuses en revanche, le système est légèrement différent. Avec son doigt ou en appuyant sur un bouton, l’utilisateur fait défiler les pages, qui se succèdent horizontalement. Il est même possible de marquer une page, comme nous le ferions pour un ouvrage papier. En résumé, les liseuses essayent de conserver une expérience de lecture familière et appréciée. Pour soutenir le marché du livre numérique, des plateformes de streaming ont vu le jour, se rapprochant ainsi d’autres marchés dématérialisés comme la musique par exemple.
L’audio
Depuis quelques années maintenant, on entend beaucoup parler du livre audio. Disponible sur des plateformes telles qu’Audible ou Spotify, ce format apparaît comme résolument moderne. Néanmoins, ses racines sont elles aussi très anciennes. La narration orale précède de loin l’écriture, et les premiers récits qui nous sont parvenus ont d’abord été déclamés par des bardes durant l’Antiquité.
Le succès du livre audio s’explique peut-être par son aspect rassurant. Il nous replonge en enfance, au temps où l’on nous racontait des histoires avant de dormir. Il apporte une certaine théâtralité qui stimule notre imaginaire. Car si aujourd’hui la prise en charge de la lecture orale est parfois réalisée par des IA, raconter est tout un art. Les intentions transmises par le conteur ou la conteuse influencent nécessairement notre perception de l’histoire.
Le livre audio ne fait pas exactement concurrence aux autres formats du livre. Il est simplement employé à d’autres moments. Pour des trajets en train ou en voiture, pendant l’élaboration du repas du soir, en plein rangement… Comme un podcast, il devient un accompagnement sonore pour nous divertir et nous cultiver sans avoir la sensation de négliger nos tâches. Peut-être un symptôme du mal du siècle ? Quoi qu’il en soit, le livre audio moderne est un digne héritier des phonographes, des cassettes, et des disques. Il ouvre la voie à une littérature plus inclusive, en proposant un substitut de qualité aux personnes non voyantes par exemple.
Conclusion
Le livre contemporain représente un marché très diversifié, avec des formats à la fois novateurs et inspirés de pratiques ancestrales. En tant que lecteur, il convient de trouver ce qui vous correspond le plus. En tant qu’auteur, c’est une question que vous pouvez vous poser aussi. Mais dans la plupart des cas il ne s’agit pas de trancher radicalement en tournant le dos aux autres formats. D’ailleurs, faire publier une version papier est indispensable. Il s’agit plutôt de réfléchir aux intérêts que peuvent avoir ces alternatives pour votre projet.

