Les "si" n’aiment pas les "rais" ! Vous avez peut-être déjà entendu cette phrase, à l’école, au travail ou dans une conversation. En tout cas, vous l’entendrez si vous êtes en pleine discussion et que vous employez une phrase de ce genre :
Si j’aurais su, je ne serais pas venu.
— Les "si" n’aiment pas les "rais" ! vous répondra votre interlocuteur.
Qu’est-ce-que cela signifie ?
Tout simplement que la concordance des temps dans votre phrase n’est pas bonne.
C’est un moyen mnémotechnique pour vous rappeler que dans une phrase de condition, après le « si » on emploie toujours le verbe à l’imparfait. On dira donc plutôt :
Si j’avais su, je ne serais pas venu.
Mais dans cette phrase « serais » est écrit avec un « s », pourquoi ?

Application : les "si" n'aiment pas les "rais"
Beaucoup auraient employé le futur simple à la place du conditionnel et n’auraient donc pas mis de « s ». C’est une faute récurrente dans les écrits lorsqu’ils sont rédigés à la première personne. Alors comment s’y retrouver ?
Tout simplement en remplaçant votre sujet par tu.
Dans cette phrase, vous auriez dit :
Si tu avais su, tu ne serais pas venu. (au conditionnel)
Et pas : Si tu avais su, tu ne seras pas venu. (futur simple qui choque à l’oreille)
Lorsque vous hésitez entre le futur et le conditionnel dans un récit écrit à la première personne, remplacez toujours le je par le tu ou il. Vous saurez ainsi quel temps utiliser.
Maintenant les « si » n’ont plus de secrets pour vous !
Rendez-vous prochainement pour de nouvelles petites astuces avec les conseils de Fanny …
Si vous avez manqué nos précédents rendez-vous, tout est ici. Le mois dernier j’évoquais avec vous le dossier de presse. La prochaine fois nous parlerons des homonymes !
Modifié le 31/07/2026
Associer les temps selon le sens
La formule mnémotechnique vise surtout à éviter le conditionnel immédiatement après le « si » d’hypothèse. Elle ne remplace pas l’analyse du degré de réalité envisagé.
- Pour une condition réalisable, le présent peut être suivi du présent, du futur ou de l’impératif.
- Pour une hypothèse présente peu probable, l’imparfait s’associe généralement au conditionnel présent.
- Pour une hypothèse passée non réalisée, le plus-que-parfait s’associe généralement au conditionnel passé.
- Le mot « si » a d’autres emplois ; la formule ne s’applique donc pas mécaniquement à chaque occurrence.
Comparez « Si tu viens, nous partirons », « Si tu venais, nous partirions » et « Si tu étais venu, nous serions partis ». Le choix des temps indique une relation différente au possible et au passé.