Les tropes…c’est top ?

On en entend beaucoup parler sur les réseaux sociaux. Les tropes semblent avoir envahi les comptes littéraires, si bien qu’il est difficile d’être passé à côté. Mais derrière la popularité croissante de ce terme, savons-nous vraiment de quoi il est question ?

Qu’est-ce qu’un trope ? Sous quelles formes le retrouvons-nous dans la littérature ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ?

Définition

Premier réflexe lorsque nous cherchons à connaître la définition d’un mot, se jeter sur notre meilleur ami, Le Robert. D’après lui, un trope désigne une « figure de rhétorique par laquelle un mot ou une expression sont détournés de leur sens propre. » Il ajoute à cela quelques exemples, à savoir la métaphore et la métonymie. En français, un trope serait donc une catégorie de figure de style héritée du grec tropos.

Attention toutefois, il ne s’agit pas du sens utilisé le plus couramment, celui qui nous intéresse aujourd’hui. Non, les « tropes » tels que mobilisés en masse sur les réseaux proviennent d’un nom anglophone. Aux États-Unis en particulier, les tropes sont même des critères fondamentaux dans la sélection de sa prochaine lecture.

Alors, qu’est-donc un trope ? Il s’agit tout simplement d’un archétype narratif, impactant une situation, un type de personnage ou de relations… Les « enemies to lovers », la « final girl » ou la figure de « l’élu » en sont des exemples bien connus. Repères pour le lecteur, celui-ci est plus ou moins familier avec tel ou tel trope. Et comme nous l’avons souligné, leur présence au sein d’un livre peut même constituer un argument de vente !

Dans quels genres sont-ils fréquents ?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les tropes ne sont pas spécifiques à la littérature. En effet les films et les séries reposent sur le même principe, dans la mesure où les tropes sont liés à l’intrigue du contenu. En littérature, mais aussi sur le petit et le grand écran donc, les tropes sont très largement associés à la romance et à ses sous-genres. Pour autant, on les retrouve aussi fréquemment dans d’autres genres tels que le roman d’aventures ou le thriller.

Il convient dans ce cas de ne pas confondre trope et genre. Un même trope peut d’ailleurs être retrouvé dans plusieurs genres.

Avantages et inconvénients

Avantages

  • Familiarité des lecteurs : Comme nous l’avons évoqué, les tropes sont par essence récurrents, et par conséquent rassurants. Lorsqu’on apprécie un trope, on se dirigera naturellement vers un livre qui le revendique. Et a priori, on ne sera pas déçu.
  • Universalité des thèmes : En raison de l’engouement qu’ils engendrent de nos jours, on pourrait croire que les tropes relèvent d’un concept abstrait. Il n’en est rien. Dès l’Antiquité, on observait déjà les mêmes schémas, voire les mêmes histoires. On ne compte plus le nombre de réécritures d’Iphigénie par exemple, non ? De manière générale, la prophétie tragique, l’amour impossible, ou le dilemme sont des thèmes très appréciés.
  • Grande créativité : On pourrait penser que la contrainte du trope briderait la créativité. À l’inverse elle la stimule en proposant une multitude de versions envisageables, traversant les lieux et les époques.

Inconvénients

  • Tendance à tomber dans le cliché : C’est le risque. À force d’exploiter des motifs similaires, il peut devenir difficile de travailler des situations innovantes et des personnages profonds et réalistes. Le tout peut ainsi paraître caricatural.
  • Effet de lassitude : En abusant de certains tropes, on peut avoir la sensation de tourner en rond, de vouloir trouver autre chose. Même si certains archétypes continuent de nous enchanter, mieux vaut alterner pour éviter de se lasser.
  • Respect de certains codes à respecter : Pour revendiquer un trope, il faut être certain d’en maîtriser les règles. Autrement, le texte perdra de sa crédibilité. Par exemple, il arrive de confondre le « Enemies to lovers » avec le « Rivals to lovers », plus atténué. Le premier trouve son terrain de jeu privilégié dans la fantasy quand le second s’épanouit davantage dans les romances contemporaines, scolaire, et universitaire.

Exemples dans la littérature

  • J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux : Le héros ordinaire, ici Frodon, s’aventure dans une quête initiatique extraordinaire. Ce thème est de manière générale très présent dans les œuvres de fiction dès le Moyen-Âge.
  • Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevent : On assiste dans cet ouvrage au traditionnel triangle amoureux. Catherine Earnshauw oscille entre l’amour qu’elle porte à Heathcliff et son engagement marital envers Edgar Linton.
  • William Shakespeare, Roméo et Juliette : Sans doute l’exemple le plus fameux d’amour interdit. On ne présente plus la rivalité opposant les Montaigu et les Capulet, empêchant les jeunes Roméo et Juliette de vivre au grand jour leur histoire.
  •  Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray ; Honoré de Balzac, La Peau de chagrin ; Johann Wolfgang Van Goethe, Faust : Dans tous ces exemples, le personnage principal réalise une sorte de « pacte avec le diable » plus ou moins littéral. Il accepte d’être corrompu en échange d’un privilège surnaturels. Souvent, les fins de ces œuvres s’achèvent tragiquement.

Conclusion

Est-ce que les tropes, c’est top ? Il n’y a pas de réponse absolue à cette question. L’insertion de tropes est une coutume ancienne. Et aujourd’hui, plus que jamais, les tropes semblent couronnés de succès dans la littérature contemporaine. Il faut toutefois garder à l’esprit certains inconvénients dont on doit s’accommoder. Quoi qu’il en soit, l’essentiel est de savoir les manier avec habilité pour qu’ils s’intègrent à la subtilement à votre histoire.

Crédit image : pexels

Chloé

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